Ses doigts serraient faiblement les miens.
« Tu as gravi les échelons », murmura-t-elle. « C’est ce que je voulais. Je n’ai pas pris la voie de la facilité. J’ai pris la tienne, pour que tu puisses la parcourir. »
La vérité m’a frappée de plein fouet.
Claire avait sacrifié sa jeunesse, ses rêves, sa santé — tout — pour moi. Et moi, je l’avais traitée comme une moins que rien.
Je suis restée à ses côtés pendant des jours, à écouter ses récits, à me souvenir des nuits où elle travaillait jusqu’à l’aube, des matins où elle préparait mon déjeuner de ses mains tremblantes. Chaque détail témoignait de sa force, de son amour.
Quand elle a finalement fermé les yeux, sa main toujours dans la mienne, le monde s’est effondré à nouveau.
Mais cette fois, j’ai compris.
Claire n’avait jamais été une inconnue. Elle avait été tout.
À ses funérailles, je me suis tenue devant la foule, la voix tremblante. « J’ai dit un jour à ma sœur qu’elle n’était personne », ai-je déclaré. « Mais elle était la personne la plus extraordinaire que je connaîtrai jamais. Elle m’a élevée alors qu’elle était à peine adulte. Elle m’a offert un avenir au prix du sien. Chaque vie que je sauve, je la lui dois. Elle était ma mère, ma sœur, mon héroïne. »
Le silence qui suivit était empreint de respect.
Et à ce moment-là, j’ai appris quelque chose que je n’oublierai jamais :
Les échelles ne servent à rien si l’on oublie qui les tenait en place pendant qu’on grimpait.
Claire n’a pas choisi la facilité. Elle a pris le chemin le plus difficile : celui du sacrifice. Et même si elle n’est plus là, son amour demeure, gravé à jamais dans mon cœur.
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